PAR LA CONFERENCE DES ORGANISATIONS DE LA DYNAMIQUE UNITAIRE PANAFRICAINE (DUP)
Le contexte international actuel est marqué par une recomposition profonde des rapports de force. Tandis que l’ordre mondial hérité de la Seconde Guerre mondiale, dominé par les puissances occidentales, les USA en tête et l’OTAN, s’essouffle, un nouveau monde émerge autour des BRICS+, sous l’impulsion de la Chine. Ce basculement oppose deux visions :
- d’une part, la préservation par l’Occident de son influence historique et de ses intérêts stratégiques ;
- d’autre part, l’aspiration d’un nombre croissant de nations à un monde multipolaire, fondé sur le respect de la souveraineté des États.
I – Les Enjeux pour la France
Dans ce contexte de rivalités mondiales, la France s’efforce de maintenir sa domination dans son « pré-carré » africain, à travers sa politique africaine codifiée dans le pacte colonial et la Françafrique. Pour préserver cette influence, elle agit sur plusieurs leviers :
- contrôle de la monnaie à travers le système ECO–CFA ;
- maintien de la langue française comme outil de domination et d’influence culturelle ;
- présence militaire permettant à la fois pression politique, soutien à des régimes acquis à ses intérêts et accès privilégié aux ressources naturelles.
Cette stratégie s’appuie sur l’installation et le maintien à la tête des néo-colonies des agents locaux dociles et acquis à la défense des intérêts français, au mépris de la démocratie et de la souveraineté des Etats.. Toute contestation véritable est étouffée à travers un soutien constant aux appareils répressifs des régimes néocoloniaux.
II – ENJEUX POUR LES PEUPLES D’AFRIQUE
L’Afrique demeure un terrain de rivalités inter-impérialistes où les grandes puissances exploitent les matières premières, déversent des produits manufacturés et autres déchets. Cependant, une dynamique nouvelle se lève : celle des luttes patriotiques, souverainistes et panafricanistes.
À l’image des pays de l’AES, les peuples africains montrent qu’une rupture radicale avec la domination extérieure est possible. Face aux tensions internationales qui s’apparentent à une nouvelle guerre mondiale, ils refusent désormais d’être relégués au rôle de sujets ou de chair à canon. L’Afrique entend être un acteur et maître à part entière de son destin.
III – ENJEUX ET PERPECTIVES POUR LE BENIN
Depuis 2016, le pouvoir de Patrice Talon s’est progressivement transformé en un système concentrant entre les mains d’un seul homme les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Par une série de lois liberticides et une mise au pas des institutions, Patrice Talon a instauré un régime de dictature autocratique.
Les conséquences sont lourdes :
- Suppression des libertés publiques (expression, grève, manifestation) ;
- privatisations massives et paupérisation accrue ;
- destruction du tissu économique de proximité par des déguerpissements sauvages;
- précarisation des travailleurs ;
- retour de forces militaires françaises et aggravation de l’insécurité avec assassinats quotidiens de paisibles populations et de militaires des forces de défense et de sécurité.
C’est cette situation inacceptable que vivent les béninois et qui fait monter la colère du peuple et le rejet du pouvoir de Talon.
C‘est dans ce contexte que se présentent les échéances électorales de 2026 au Bénin. Fidèle à sa conception en matière électorale à savoir :
« Ce qui permet à un Président d’être réélu avec assurance, ce qui assure la réélection d’un Président, ce n’est pas son mandat, ce n’est pas sa performance, ce n’est pas son résultat, c’est la manière dont il tient les grands électeurs… Si vous n’avez pas de compétiteur, vous avez beau être mauvais, vous serez réélu ».
Patrice Talon a multiplié les manœuvres pour exclure toute opposition réelle et imposer une candidature unique WADAGNI / TALATA. Pour mieux assurer ses arrières, il révise la Constitution pour créer une nouvelle institution dénommée SENAT qui lui permettra de supplanter toutes les institutions élues et verrouiller totalement le système pour se protéger.
Ainsi, Patrice Talon prive le peuple béninois de son droit de choisir librement ses dirigeants, vide le processus électoral de tous sens et fait passer le Bénin d’une République à une Monarchie
Face à cette situation, face à la démission des dirigeants et l’effondrement du parti d’opposition « Les Démocrates », l’enjeu pour le peuple est de ne pas céder au découragement et au désespoir ? En puisant dans son expérience propre (victoire sur l’autocratie Kérékou/PRPB en 1989/90, en s’inspirant de l’histoire de la lutte des autres peuples, le peuple béninois saura trouver les ressources pour rester debout et optimiste. Pour des perspectives porteuses d’espoir, nous faisons nôtre l’appel du professeur Philippe NOUDJENOUME (1er Secrétaire du Parti Communiste du Bénin (PCB) et Président de l’Alliance pour la Patrie et le Panafricanisme (APP) :
« Nous invitons toutes les forces quelles qu’elles soient, politiques, sociales, morales, religieuses, attachées à la démocratie, à la justice, attachées à l’homme et à la patrie
1°- à s’unir en une Union sacrée ; à utiliser toutes les voies légales et légitimes
2°-à faire preuve d’héroïsme, de combattivité et de détermination dans le combat pour la libération et l’émancipation totale de notre Patrie. »
Fait à Paris le 28 novembre 2025
Adoptée à l’unanimité par les participants de la Conférence de la DUP